A Londres, huit Anglais face à la crise

C’est l’histoire d’une grande maison bourgeoise divisée aujourd’hui en quatre appartements, comme il en existe des milliers à Londres. Une façade en brique, des bow-windows, un petit jardin à l’arrière pour le logement du rez-de-chaussée… Une tranche de vie banale de classes moyennes dans une banlieue sud de la capitale britannique, à Streatham Hill.

A l’intérieur, huit habitants – trois couples et deux colocataires. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, avec un premier confinement imposé il y a exactement un an, le 23 mars 2020, leur vie raconte un marché du travail britannique fragile, mais qui a étonnamment bien tenu, malgré le cataclysme que suggèrent les statistiques économiques. Parmi eux se trouvent un chanteur qui ne peut plus travailler à cause du confinement et un instructeur de fitness qui attend avec impatience la réouverture des salles de sport, mais aussi deux salariés embauchés en pleine pandémie, et qui n’ont jamais mis les pieds au bureau, distanciation sociale oblige.

Alors que la banque alimentaire, à un demi-kilomètre de là, croule sous les demandes d'aide, preuve d'une vraie casse sociale tout en bas de l'échelle, la résilience de ces classes moyennes, grâce au filet de sécurité mis en place par l'Etat, donne aux économistes l'espoir que la reprise sera vigoureuse.

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Le taux de chômage britannique atteint 5% de la population active en janvier, selon les statistiques publiées mardi 23 mars. C’est seulement 1,1 point plus élevé qu’avant la pandémie, très loin des 9% que prévoyait la Banque d’Angleterre en mai 2020. A faire pâlir d’envie n’importe quel gouvernement français.

L’impact de la pandémie est réel, avec 700 000 emplois perdus en un an, dont près des deux tiers venant des moins de 25 ans. Mais au vu de la récession de 9,9% au Royaume-Uni en 2020, la pire depuis trois siècles, le choc est limité.

Chômage partiel et aides sociales

Comme ailleurs en Europe, l’amortissement vient essentiellement du chômage partiel, dont 4,7 millions de Britanniques bénéficient actuellement, 80% de leur salaire pour rester chez eux. Ces statistiques viennent de rappeler que cette crise n’est en rien comparable aux précédentes. L’économie ne s’est pas tant effondrée qu’elle a été congelée, à coups de chômage partiel et d’aides sociales.

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Toute la question est de savoir ce qu'elle se dégage au moment du moment, estime David Owen, économiste au sein de la banque Jefferies. «Est-ce que ces gens vont retrouver un emploi rapidement quand l’économie va rouvrir? Est-ce que les agences de voyages vont vraiment reprendre comme avant? Est-ce qu’on va s’entasser dans des théâtres ou des cinémas comme autrefois? La vérité est qu’on ne sait pas. »

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