Coronavirus: Le pire moment pour les salles de fitness

Le Loft 9, l'un des nombreux clubs de fitness d'Ajaccio et de sa région, est d'habitude ouvert sept jours sur sept de 6 heures à 23 heures. Mais depuis le 17 mars, la spacieuse salle située près du centre-ville est en sommeil, contrainte de cesser toute activité et de demeurer fermée.

Rouvrira-t-elle le 11 mai, date du début du déconfinement? Rien n'est moins sûr …

«Pour nous c'est une perte totale du chiffre d'affaires dans une période, aux premiers mois du printemps, qui demeure sans doute la plus importante de l'année, celle qui nous permet d'avoir un fond de roulement pour passer l 'été, traditionnellement plus calme » lance immédiatement Jean Saccu, le gérant. Il est vrai qu'à quelques mois des beaux jours, ces salles de sport ont pour habitude de voir affluer une clientèle soucieuse de se remettre en forme et de perdre les quelques kilos accumulés durant l'hiver afin d'arriver sur les plages dans les meilleures conditions.

«Cette année, cette clientèle semble bel et bien perdue et l'impact est très important pour la société».

Économiquement, le coup est donc impoli pour une entreprise qui doit faire face aux échéances mensuelles importantes. Un loyer d'abord pour les 900 m2 de locaux mais aussi un remboursement de crédit lié aux travaux réalisés pour reconfigurer complètement la salle à ouvrir il y a trois ans. «Après avoir subi de gros désagréments en raison des travaux de réhabilitation du quartier des Cannes, tout cela tombe très mal. Nous avons heureusement la chance d'être bien conseillé par notre comptable. Toutes nos charges sont bancaires, fiscales ou sociales ont été repoussées pour l'instant. Et notre propriétaire est une preuve d'indulgence et nous offrons des facilités pour le loyer ».

Une partie du personnel salarié a été mis en chômage partiel et bénéficie des mesures de l'État comme de nombreuses entreprises dans toute la France. D'autres intervenants, autoentrepreneurs, connaissent, eux, plus de difficultés.

Des cours par vidéo

«Nous avons aussi sollicité nos adhérents pour maintenir les prélèvements malgré la fermeture. C'était difficile à demander mais capital pour notre survie. Nombreux sont qui ont accepté et nous les en remercions »Indique Jean Saccu qui, avec sa compagne, se démène pour assurer une continuité de l'activité. Comme dans d'autres secteurs depuis plus d'un mois, cela passe par internet et les réseaux sociaux.

«Nous proposons des cours par vidéo, une partie pour nos adhérents via une plateforme sécurisée et une autre ouverte à tous sur notre compte Facebook et Youtube. Sans doute cette situation va finalement nous permettre d'évoluer, de nous adapter. De toute façon, nous n'avons pas le choix » indique un coach sportif, ancien sportif de haut niveau qui pense forcément à la suite et une réouverture prochaine.

«Pour l'heure, nous ignorons si nous pourrons rouvrir dès le 11 mai. Nous attendons des instructions mais nous réfléchissons à une nouvelle manière de travailler et d'accueillir le public » indique Jean Saccu.

D'ailleurs, depuis trois semaines, il a commencé des travaux d'embellissement et pense à créer des espaces modulables pour accueillir des petits groupes. Au Loft 9, l'après commence aujourd'hui.

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