Coronavirus: manifestation des professionnels de salles de sports

A l'appel du collectif # touchepasàmasalle, près de 150 propriétaires et gérants de salles de sport ont manifesté ce mardi devant l'Assemblée nationale à Paris pour alerter sur leur "détresse". Fermés depuis plusieurs mois en raison de la crise sanitaire ces professionnels réclament davantage d'aides. "Ça fait sept mois qu'on est fermés. Et les aides de l'Etat ne sont ni à la hauteur des besoins, ni des annonces", a expliqué Marie-Anne Teissier, co-fondatrice du groupe de fitness Neoness, à l'AFP. Plusieurs députés étaient également présents, comme Jean Lassalle, député des Pyrénées-Atlantiques, ou encore Cédric Roussel (LREM) et Regis Juanico (PS).

La moitié des salles menacée de faillite

La France compte près de 6.500 salles de sport dont 4.000 de fitness, selon Virgile Caillet, délégué général de l'Union sport et cycles, première organisation professionnelle du secteur, qui pèse près de 3,2 milliards d'euros. Près de 17 millions de personnes fréquentent ces salles qui emploient près de 70 000 salariés.

"Pour l'instant, sur évalue les pertes pour le secteur à près d'1,5 milliard d'euros. Si rien n'est fait, dans les 6 mois qui viennent, près de 50% des acteurs de dépose le bilan, 400 ont déjà fait ", a-t-il assuré à l'AFP. 30 à 50% des salles "Dégagez de ne pas tenir jusqu'à cet été" a confirmé Céline Rémy-Wisselink, co-fondatrice de Néoness et Episod, à franceinfo.

"Nos fidèles représentent près de 30% de notre chiffre d'affaires, et les discussions avec les bailleurs sont difficiles", a expliqué Marie-Anne Teissier, co-fondatrice du groupe de fitness Neoness à l'agence de presse, "on nous annonce une aide à hauteur de 20% de notre chiffre d'affaires, mais ces aides sont plafonnées. Nous par exemple, l'aide reçue représente 0,8% de nos pertes. Avant de réclamer l'ouverture de nos salles , mais là on veut simplement plus d'aides de l'Etat ".

Plusieurs dizaines de paires de panier ont également été symboliquement déposées sur une place jouxtant l'Assemblée nationale à Paris, le 12 janvier 2021. © AFP
Magali Cohen / Hans Lucas

Pas de réouverture avant mi-février

Une éventuelle réouverture n'est pas envisagée avant mi-février a annoncé le Premier ministre Jean Castex.

"Il faut être clair, l'Etat n'en a rien à faire de nous", a déploré Arthur Benzaquen, patron de Ken Group, propriétaire de plusieurs salles de fitness haut de gamme, auprès de l'AFP. "Ils nous ont fermés depuis le 25 septembre, avant tout le monde. Ils nous font injustement porter la responsabilité de cette crise. Ou nous avons prouvé que nous sommes capables de rouvrir dans des conditions sécurisées. Il n'y a pas eu de cluster dans les salles de sport. "

"On se bat aussi pour faire homologuer un masque sportif, notamment avec Décathlon pour proposer à nos clients une alternative, pour venir pratiquer avec un masque en salle qui, jusqu'ici, n'était pas possible " a précisé Céline Rémy-Wisselink, co-fondatrice de Néoness et Episod, à franceinfo.

"Il est important de faire reconnaître le sport comme quelque chose d'essentiel. Il faut aussi que nous puissions avoir un dialogue avec le ministère de la Santé pour étudier les conditions d'une éventuelle réouverture. Et puis, il faut des mesures d 'accompagnement qui doit être en accord avec le préjudice ", un résumé de Virgile Caillet.

"Ce qu'on demande, c'est d'avoir des rapports sur les échéances de dette, pas uniquement sur les prêts garantis par l'État, mais aussi sur les dettes qui préexistaient à la crise dans toutes les entreprises et qui sont aujourd’hui 'hui très difficile à rembourser parce que, justement, nous ne prélevons plus nos clients, nous n'avons aucune rentrée de chiffre d'affaires " a conclu Céline Rémy-Wisselink, co-fondatrice de Néoness et Episod, sur franceinfo.

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