Coronavirus: "Un retour à la normale en septembre", les salles de sport

Privés de réouverture, les exploitants indépendants s’attendent à une année difficile.

Fatalistes, les gérants de salles de sport. Eux qui demandaient en décembre une ouverture anticipée le 4 janvier ne croient même plus à la possibilité de ouvrir le 20. La plainte déposée contre le gouvernement, pour "mise en danger de sociétés commerciales", montre surtout le désarroi de la filière fitness.

Sans amélioration sur le front de l’épidémie, les chances de reprendre une activité sont très faibles. Beaucoup d’enseignes pourraient avoir du mal à franchir le cap de 2021, à l’image de Freeness.

Pour Freeness, née à Montpellier, "l’aventure se termine ici"

Avec une vingtaine de salles en France, dont deux à Saint-Jean-de-Védas (depuis 2015) et Mauguio, la marque montpelliéraine Freeness était une belle réussite. Elle avait séduit des dizaines de milliers d’adhérents dans toute la France avec son concept d’ouverture 7 / 7jours, 24/24 heures.

Sur son site internet, Freeness se vante encore comme "le premier réseau de salles de sport ouvert jour et nuit en France". Mais le premier confinement et des difficultés de gestion lui ont été fatals. Placée en redressement judiciaire le 15 juin, elle a été liquidée le 13 novembre par le tribunal de commerce de Montpellier.

70 employés sont restés sur le carreau, et des milliers d’adhérents sans réponse à leurs questions. Sur le Facebook de Freeness Montpellier (6 476 abonnés), le dernier message remonte au 15 octobre: ​​"Les cours en live sont momentanément suspendus, merci de votre compréhension."

Sur celui de Montpellier-Est (1 412 abonnés), sur vantait encore "un planning live" le 25 octobre, avec "entraînement extérieur possible le lendemain". C’est finalement Freeness Paris qui informait de la liquidation judiciaire du groupe. "Ces cinq mois de fermeture nous ont achevés. L’aventure se termine ici". Et le gérant des salles perpignanaises de conclure, dans L'Indépendant: "Nous ne sommes que les premiers sur la liste".

Loin des mastodontes du secteur, certaines enseignes indépendantes survivent tant bien que mal à Montpellier. "On avait fermé pendant deux mois et demi lors du premier confinement, et on a de nouveau tout arrêté depuis le 28 septembre, explique William Carrier, qui a créé Aériforme fitness, il y a 30 ans, avenue du Père Soulas.

"On a une clientèle fidèle, mais les plus âgés ne sont pas revenus en septembre. Notre chiffre d'affaires s'en est ressenti. Quand on a fermé fin septembre, on commençait tout juste à redresser la tête. Et de septembre à novembre. , c'est plus de 50% du chiffre d'affaires de l'année. On essaie de négocier avec notre propriétaire car c'est notre plus gros poste de dépense ".

Si on ouvre, ce sera surtout pour nos fidèles adhérents

Le fonds de solidarité parviendra-t-il à compenser les charges des exploitants? "On ne s’en sort pas trop mal grâce aux aides, c’est surtout pour nos adhérents qu’on est embêtés", explique Michel Lombardo, gérant du club Sunsud, installé depuis 13 ans entre le Corum et Antigone.

"Ils ne peuvent plus faire de la zumba, du badminton ou du yoga comme ils le voudraient. Après le premier confinement, ça n'avait pas vraiment de représailles. Et en septembre, c'était le néant total au niveau des adhésions. Ceux qui s'inscrivaient le mieux pour une petite durée. Avec la jauge d'accueil divisée par deux, je ne sais pas comment on va faire quand on va rouvrir. Heureusement qu'on n'a pas autant de frais fixe qu'une grosse structure … "

William Carrier est du même avis: "Si on ouvre, ce sera surtout pour nos fidèles adhérents. Mais on ne pourra pas accueillir autant de monde qu'il y a un an. Il faudrait que 50% des gens soient vaccinés pour qu'on recommence à travailler sereinement. Je vois plutôt un retour à la normale en septembre. "

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