Covid-19: des initiatives pédagogiques pour atténuer la souffrance des

12h05
, le 2 avril 2021

Dans cet article, Franck Luccisano, professeur d'éducation physique et sportive à la SKEMA Business School, détaille les dispositifs mis en place par les établissements d'enseignement supérieur pour aider leurs étudiants à traverser la crise sanitaire. "De nombreuses études alertent sur les effets de l'enseignement à distance et de l'isolement sur la santé mentale des jeunes. Entre stress, crises d'angoisse, sous-alimentation, et sédentarité, le monde étudiant est très touché par les mesures de confinement prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus.

Face à cet état de fait, les équipes responsables de l'éducation physique et sportive dans les grandes écoles et universités s'efforcent de mettre en place des pédagogies innovantes pour aider les étudiants à mieux gérer leur vie physique, et les inciter à rester actifs , tout en déclarant du lien.

L'activité physique, un besoin essentiel

Au Canada, l'étude de l'USask (Université de la Saskatchewan) souligne les effets néfastes des contraintes sanitaires, et des confinements à répétition sur le mode de vie des étudiants. Les préjudices sur la santé physique et mentale sont significatifs et avérés. Les résultats obtenus dans la revue Physiologie appliquée, nutrition et métabolisme, soulignent l'urgence de la situation et la nécessité d'utiliser de nouvelles pédagogies incitatives soutenant l'activité physique régulière des jeunes.

En France, le constat est tout aussi alarmant. A la fin du premier confinement, l'étude CoviPrev confirme déjà une dégradation, problématique, de la santé mentale des jeunes (18-24 ans), avec une prévalence des états dépressifs et anxieux.

Dans le même sens, l'Observatoire de la vie étudiante a également réalisé une enquête sur la vie d'étudiant confiné. Elle montre que la crise sanitaire a eu un impact sur leurs conditions de vie et sur leur cursus académique. Les détresse psychologiques ont été dans l'ensemble des signes plus nombreux dans la population étudiante pendant cette période de confinement, de même que la consommation d'alcool ou le renoncement aux soins. Les restrictions liées à la crise sanitaire se produisent sur le moral des étudiants et sur leur niveau de performance cognitive.

Pour lutter contre l'isolement, la sédentarité, l'activité physique apparaît aux yeux de nombreux scientifiques et chercheurs comme l'un des leviers majeurs; "le seul moyen d'améliorer l'immunité" souligne le professeur François Carré. L'allocution de cet éminent cardiologue et chercheur à l'Inserm n'est pas passée inaperçue. Auditionné par le Sénat, il pointe les méfaits de la sédentarité qui ne cesse de se renforcer. Pour lui, "l'activité physique est une cause nationale"; "bouger est vital pour notre santé!".

Des obstacles au maintien d'une activité physique

Face au mal-être étudiant, l'enseignement supérieur a déployé des dispositifs de soutien psychologique, des accompagnements personnalisés, de multiples concertations. Concernant l'activité physique, les principales initiatives et innovations sont véhiculées par les enseignants d'éducation physique et sportive en charge des services des sports dans les grandes écoles et universités, notamment sous l'impulsion du groupe APSCGE. La Fédération française du sport universitaire propose, elle aussi, des défis inédits pour dynamiser les étudiants sur la dimension compétitive.

Trois difficultés majeures se mettent à ces acteurs. En premier lieu, les questions de protocole et d'effectifs limitent fortement le champ des possibles. Ensuite, de nombreuses difficultés apparaissent du fait des couvre-feux, le sport et l'activité physique se pratiquant, habituellement, pour une grande partie des étudiants, le soir, à partir de 18h. Comment déplacer tous ces cours le jeudi après-midi sans pouvoir disposer des infrastructures nécessaires à leur mise en œuvre? Enfin, la gestion des étudiants dans un contexte où l'activité physique n'est pas, dans tous les cas, considérée comme obligatoire et requise de crédits, n'est pas simple. Trop souvent, le jeudi après-midi est phagocyté par d'autres enseignements, jugés plus sérieux.

En outre, isolement, dépression, stress, sous-alimentation, phobie, angoisse, vie en colocation ou retour chez les parents sont autant de paramètres à gérer pour l'enseignant du supérieur. La transformation des habitudes, le manque de liberté, les nouveaux soucis à gérer, dans cette période compliquée, donner aux étudiants de multiples raisons de se laisser aller. Il faut donc lutter en permanence pour limiter l'absentéisme, l'investissement sporadique, et les déviances d'un nouveau genre.

Réinventer l'offre

Dans ce contexte, raccrocher les étudiants à une activité physique régulière est un vrai défi. L'offre s'est diversifiée pour s'adresser au plus grand nombre. Elle s'est même digitalisée ce qui peut paraître paradoxal en termes de bienfaits sur la santé. Les enseignants d'EPS et vacataires spécialisés se forment pour produire des cours en ligne pouvant s'inviter dans les appartements, colocations et foyers familiaux.

De nombreuses écoles et universités ont ainsi proposé aux étudiants, aux personnels mais également au grand public, des programmes d'activité physique, respectant des charges et des plages d'intensité précise. Les plates-formes de type Zoom ou Teams, ont été fortement utilisées pour assurer un suivi synchrone des étudiants sur des activités sportives, interdites en présentiel (séances de renforcement musculaire en direct, fitness, yoga etc.).

Des cours asynchrones ont également été proposés avec un accompagnement à distance et des ressources en ligne ont été mises à disposition des étudiants pour qu'ils puissent se prendre en main. De nombreuses vidéos ont régulièrement été postées sur des plates-formes de streaming en réseau fermé ou ouvert (Youtube, Stream etc.).

Plus en marge, des <a href = "https://services.dgesip.fr/I19/k9tv9NctHK0X7NL0K0D93ead6/" …

Laisser un commentaire