Economie – Le lourd tribut des salles de fitness à Sens

Plus de 4.000 personnes pratiquent une activité dans les six clubs de fitness de l’agglomération. Fragilisées financièrement en mars, ces structures privées doivent aujourd’hui faire face au nouveau confinement. Au printemps dernier, Mehdi Youhet et Cédric Mussard avaient demandé de l’aide à leurs adhérents. Leur club de fitness, Megagym, à Saint-Clément, avait alors bénéficié d'un grand élan de solidarité. Cette fois, les deux patrons n’ont pas envie de réclamer d’autres efforts à leurs clients. Comme les autres clubs de musculation de l’agglomération, ils s’exposent à de nouvelles difficultés financières. «Notre chiffre d’affaires sera de zéro euro en novembre. Nous avons choisi de faire confiance à Emmanuel Macron. Nous espérons toucher les 10 000 euros d’aides qui ont été promis. Nous avions obtenus les 1.500 € par mois en début d’année, mais c’était très insuffisant », explique Mehdi Youhet, qui emploie une salariée et trois professeurs prestataires.
Du prêt de matériel et des cours en ligne pour garder le contact avec les clients
De nombreux adhérents ont déjà proposé de faire des dons au club et la piste d’une cagnotte est à l’étude. «Je ne sais pas si j’ai le droit d’en créer une. Je ne pense pas mais je vais vérifier », signale néanmoins Mehdi Youhet.
Avant que la salle ne ferme ses portes, jeudi soir, Megagym a renouvelé son opération de prêt de matériel. De nombreux adhérents sont venus chercher des haltères, des cordes, des barres ou des étapes, entre 22 heures et minuit. «J’espère qu’on n’en a que pour un mois, mais je n’y crois pas trop», lâche le patron de la salle, qui parle d’un véritable «coup de massue» pour les clubs. «Ce sera très dur, continue-il. Certains pourraient ne pas se relever car la France n’est pas habituée, pas préparée à ça. La clientèle n’était déjà pas complètement des revenus. Nous dépensions 300 € par mois en masques, gel, papier, mais sur un bien vu que malgré le protocole sanitaire mis en place, les seniors par exemple, avaient encore peur. »
Chez Curves, une salle réservée aux femmes à Sens, le constat est le même. «Une centaine de nos 450 adhérents ne sont pas encore revenus au club», indique la patronne Nathalie Theloy, qui sollicite également l’aide gouvernementale. Cette salle compte trois salariés, qui vont donner des cours en ligne. «Ça nous permet de conserver le lien avec nos adhérentes. Mais ça leur permet aussi de rester en contact entre elles, de ne pas déprimer », estime Nathalie Theloy.
«Dynamique brisée» pour Keep Cool
Ouverte en novembre 2019, la salle Keep Cool, à Saint-Clément, fait partie des deux dernières arrivées dans l’agglomération, avec Basic Fit à Sens. Avec ce double confinement, c’est le plan de développement qui en prend un coup. «Nous visons un idéal de 600 adhérents, parce que notre salle est petite. Nous avions prévu d’atteindre notre vitesse de croisière au bout d’un an, c’est-à-dire à peu près maintenant. Avant ce deuxième confinement, nous avions juste franchi la barre des 400 clients. Là, nous sommes encore retardés. Notre échéance de rentabilité est à nouveau décalée, notre dynamique brisée », détaille Julien Groseiller, qui lui propose également des cours en ligne personnalisés, via une application dédiée. Ce patron rappelle que 90% de ses adhérents ont soutenu sa salle en continuant de payer pendant le premier confinement.
Ce club, comme les cinq autres de l’agglomération, prie désormais pour que la déconfinement intervienne avant janvier. Car le premier mois de l’année est très important, en terme de nouvelles adhésions.

Emmanuel Gougeon
emmanuel.gougeon@centrefrance.com

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