Fitness et crossfit: des régimes différenciés

«Quand on a appris que les fitness allaient fermer, vendredi dernier, je n’ai pas attendu une seconde… Je me suis penché sur un plan de protection et j’ai fermé mes salles pour le week-end. Le lundi, je reçois une autorisation de poursuivre les cours », explique Jordan Eschmann, propriétaire de deux salles de crossfit, à Delémont et Porrentruy. Des zones marquées au sol séparent les sportifs, qui doivent alors mettre un masque pour circuler hors de ces carrés. Le matériel est désinfecté. Les cours, toujours animés par un coach, sont limités au niveau du nombre de participants dont les noms sont connus à l’avance. «Je vois difficilement ce que l'on pourrait faire de plus», poursuit Jordan Eschmann. Mais ses deux salles pourraient potentiellement fermer prochainement. Car si les fitness ont dû tirer les rideaux et les crossfits ont pu rester ouverts, c'est parce que le canton devait prendre des mesures urgemment afin d'endiguer la pandémie… mais il n'a pas eu le temps d'entrer dans les détails. Il s’agit d’une incohérence selon Julien Hostettler, délégué aux affaires fédérales. Car selon lui, la problématique est la même dans le deux types de salles. Mais ce qui a, au final, empêché la fermeture des salles de crossfit tient du fait que ce sport n’est pas reconnu par la Fédération suisse des centres de fitness. Leurs salles n'entrant pas dans la catégorie, les gérants sont en quelque sorte passés entre les gouttes.

Il s’agit d’un des nombreux «cas limites» à régler après la mise en place des mesures Covid-19 instaurées en urgence, selon lui. «En temps normal, il aurait fallu compter environ trois semaines pour mettre en place une décision de la sorte afin qu'elle soit cohérente et qu'elle vise tous les acteurs concernés … La semaine dernière, nous avons dû prendre la décision en quatre heures! », Poursuit Julien Hostettler. Des séances se déroulent d’ailleurs actuellement pour dessiner l’avenir et permettre une égalité de traitement entre les différents acteurs du domaine. Une réouverture des fitness pourrait aboutir. Ou la fermeture des crossfit et autres cours d’aérobic en salle, par exemple. «On attendait mercredi pour savoir ce qui serait mis en place au niveau fédéral», reprend Julien Hostettler. La décision du canton devrait tomber d’ici peu.

«Des études qu’il n’y a pas un pas eu de foyers d’infection partant des fitness. Je suis solidaire et ne comprends pas sur quels fondements ils ont dû fermer dans le canton », reprend Jordan Eschmann, prêt à monter au front si la décision lui impose de fermer ses salles. «J’ai l’espace et m’adapterai pour respecter les mesures, même si 15 mètres carrés sont nécessaires pour chaque participant des cours. »

De son côté, Julien Hostettler relève une autre problématique: celle des assurances pertes de gain: «Des indemnités sont proposées aux fitness, qui ont dû fermer. Mais s’ils rouvrent et doivent ensuite décider eux-mêmes de fermer, on peut se demander quelles seront les implications au niveau des APG. Parfois, il vaut mieux être contraint à cesser ses activités… », surprendre-il. / cka

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