La condamnation du youtubeur Marvel Fitness, une peine lourde pour une

Son avocat a dénoncé une décision «Inique», et l’annonce d’une suscité l’indignation des fans du youtubeur Marvel Fitness, venus le soutenir devant le tribunal de Versailles. L’avocate des parties civiles, Laure-Alice Bouvier, a pour sa part applaudi «Une sanction exemplaire» à l’antenne de France Inter.

Lundi 21 septembre, Habannou S., connu sur YouTube sous le nom de «Marvel Fitness», a été condamné à deux ans d’emprisonnement, dont une ferme avec mandat de dépôt, assortis d’une sursis probatoire de trois ans.

Jugé pour harcèlement moral et violences sur avocat, il a été reconnu coupable de tous les faits qui lui étaient reprochés par la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Versailles. Son sursis a été assorti d'une interdiction de création et d'animation sur les réseaux sociaux.

Lire: Accusé de harcèlement en ligne, le youtubeur Marvel Fitness devant la justice

La peine prononcée est lourde pour une affaire de harcèlement en ligne, encore thème rare dans les tribunaux français. La cour est allée plus loin que les réquisitions du parquet, qui demandait douze mois d’emprisonnement dont huit mois ferme. Verser Me Goudarzian, avocat du prévenu, la justice voulue «Faire un exemple» en condamnant fermement son client, malgré un dossier, selon lui, entaché d’erreurs de procédure. Il a annoncé son intention de faire appel.

Alors que le prévenu est reparti menotté à l’issue de l’audience, une quinzaine de ses soutiens rassemblés devant le tribunal ont crié «Free Marvel! », un slogan par la suite représailles sur les réseaux sociaux – et qui remonte en troisième sujet «Le plus discuté sur Twitter» mardi 22 septembre au matin.

Neuf plaignants

Cinq des neuf plaignants (six femmes et trois hommes) étaient présents lundi pour témoigner à l’audience contre Habannou S., Yvelinois âgé de 31 ans. Actif sur Marvel Fitness Channel, une chaîne YouTube pour laquelle il comptait plus de 146 000 abonnés, et sur de nombreuses autres plates-formes en ligne, il évoluait dans la sphère du fitness.

Interrogées par le président de l'audience, les parties civiles ont fait le récit de plusieurs mois, parfois plus d'un an et demi, de harcèlement moral subi à coups de commentaires ou de publications en ligne, à chaque fois après un premier accrochage avec Habannou S. La plupart des plaignants ont décrit l'enfer du harcèlement de masse. «On ne peut pas se rendre compte de ce que c’est tant qu’on ne l’a pas vraiment vécu», a témoigné Tristan Defeuillet-Vang, un influenceur s’étant porté partie civile. Lui a notamment été victime d’une vidéo dans laquelle il était comparé à l’actrice pornographique Katsumi, «Parce que je suis un peu asiatique».

«Sa communauté m’insultait tous les jours, reprenant les“ punchlines ”de» Marvel Fitness, a témoigné Aline Marganne, influenceuse belge, qui accuse le prévenu de la harceler depuis 2018. Elle a raconté avoir envoyé plusieurs messages vocaux à l’intéressé, en pleurs, pour lui demander d’arrêter. Ces messages ont été ensuite rediffusés par Marvel Fitness sur son compte Instagram, accompagnés de textes moqueurs.

Devant le tribunal, elle a aussi concédé l’un des points régulièrement soulevés par le youtubeur dans ses vidéos: avoir fabriqué et diffusé une fausse photo intime que lui aurait envoyée le prévenu pour le décrédibiliser. «J’ai paniqué, j’étais coincée dans une situation dans laquelle j’étais bloquée depuis des mois», a-t-elle justifié lors de l'audience, questionnée par le président de la 8e chambre correctionnelle – le sujet n'a pas été abordé par le prévenu, ni par sa défense.

«Eduquer ceux qui suivent leur gourou»

Pour toutes les parties civiles qui se sont succédé, tout comme pour leur défense, il n’y avait guère de différence entre les attaques proférées par le prévenu et celles de «La communauté de Marvel», comme l’a appelé une plaignante. «Ce procès n’est pas celui des réseaux sociaux, mais celui d’un homme qui a choisi cette voie pour lancer des raids» », a décrit Laure-Alice Bouvier, avocate de huit plaignants et elle-même partie civile dans l’affaire.

«Quand il appelle ses abonnés à s’en prendre à ses victimes, c’est immédiatement suivi d’effets», a-t-elle ajouté, citant des messages diffusés par Marvel Fitness sur les réseaux sociaux, tels que «Faire un raid», «Allez troll sur Facebook». L’avocate en a aussi appelé à «Éduquer ceux qui suivent leur gourou». «Hier encore j’ai reçu:« Avec Marvel on va gagner et on va aller déterrer ta mère la pute » », a cité Tristan Defeuillet-Vang lors de l’audience, tout en rappelant:

«Quand on est influenceur, on partage un message, on est des médias, on touche autant de personnes que des chaînes de télévision. »

Lors de son réquisitoire, le procureur a accusé également Habannou S. d ’«Inciter, instiguer, inviter» les nombreux messages de haine envoyés par des internautes aux victimes. S’en prenant au comportement en ligne du prévenu, il a dénoncé «Un objectif qui n’est pas seulement de nuire, mais de détruire purement et simplement». Il a également conduit une charge contre la violence des réseaux sociaux, «L’antithèse d’un tribunal», pointant du doigt les influenceurs, «Ces nouveaux prêtres qui comprennent leurs propres Eglises».

Liberté d’expression et vices de forme

Pour autant le procès s’est surtout joué sur la forme. L’avocat du prévenu, Me Goudarzian, N'a eu de cesse de dénoncer un dossier «Bâclé», relevant une multitude de vices de procédure justifiant, selon lui, une nullité de toute l’affaire. Ici, s’attaquant …

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