Le propriétaire de Camaïeu Prêt à racheter Go Sport

La maison mère du groupe Casino est entrée en négociations exclusives pour la céder.

Le repreneur de Camaïeu poursuit ses achats dans le secteur sinistré de la distribution. La Financière immobilière bordelaise (FIB), présidée par Michel Ohayon, est entrée en négociations exclusives avec Rallye, la maison mère du groupe Casino, pour acquérir l'enseigne Go Sport au prix de 1 euro. Si les négociations aboutissent, au premier semestre 2021 comme l'espère Rallye, les dettes de Go Sport seront transférées à la FIB. Ce transfert ne viendra cependant pas diminuer l’utilisation de l’endettement de Rallye.

La maison mère de Casino souhaitait se séparer de cette enseigne depuis plusieurs années. Au sein du groupe Go Sport, elle n'était pas pour l'instant parvenue à céder que la pépite Courir, pour 283 millions d'euros, au fonds Equistone Partners en 2018. Une partie de cette somme a été consacrée à la réduction de la dette de Go Sport, qui s'élevait alors à 167 millions d'euros. Mais les pertes de l'enseigne étaient néanmoins récurrentes. En 2020, les confinements ont contraint la plupart des magasins de l'enseigne (85 intégrés et 48 affiliés) à fermer leurs portes. Le chiffre d'affaires de Go Sport, 625 millions d'euros en 2019, est attendu en retrait d'au moins 49 millions d'euros pour 2020.

Son président depuis 2019, le spécialiste de la restructuration d'entreprises Philippe Favre, avait entrepris de relancer l'enseigne en misant sur les sports urbains comme le running, le fitness, la mobilité urbaine ou le yoga. Une stratégie dont la pertinence a été renforcée par la pandémie. Certains magasins ont été remodelés: ainsi que celui de la place de la République à Paris. Dans la capitale, la part du marché de Go Sport atteint 30%, contre 5% en France.

Miser sur les magasins

Avec Go Sport, Michel Ohayon constituait l'ensemble de l'empire qu'il se serait peu à peu dans la distribution. À rebours de la tendance générale, il mise sur les magasins physiques, que la pandémie a fragilisés. « Au moment où tout le monde parle d'internet, il croit à la pertinence des magasins en dur, à condition d'en faire des lieux de vie très attractifs », expliquait au Figaro fils avocat, Olivier Pardo, lorsque la FIB a mis la main sur Camaïeu. Michel Ohayon a débuté comme franchisé dans l'habillement à Bordeaux, avant de racheter les murs de ses magasins. « C'est un homme de province », soulignait Olivier Pardo.

L'homme d'affaires possède désormais des magasins dans toute la France. Il a représailles, en 2018, la franchise des 22 Galeries Lafayette implantées dans les plus petites villes, souvent de moins de 60 000 habitants. Il se fait désormais une spécialité de la reprise d'enseignes en difficulté à la barre du tribunal. C'est dans ce cadre qu'il est devenu actionnaire de la Grande Récré, puis qu'il a représailles l'enseigne d'habillement Camaïeu, pour un montant que le tribunal avait jugé particulièrement faible. Tout récemment, il s'est porté acquéreur du spécialiste de la bijouterie Agatha, pour une fois sans succès. Michel Ohayon est également propriétaire d'actifs hôteliers, comme le Grand Hôtel à Bordeaux et le Trianon Palace à Versailles.


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