Les tennis de Saint-Augustin sont-ils menacés par le projet de

Poc, poc, poc… Le bruit des balles qui rebondissent sur la terre battue des courts de Saint-Augustin retentit par la fenêtre ouverte du petit bureau encombré de Thierry Pommier. Trente-six ans que ce bruit rythme les journées de ce prof du Tennis club Nice Giordan. Ce mardi, pendant sa pause, il regarde les joueurs d'un œil distrait. Le cœur n’y est pas. N’est plus.

"On a appris un peu hasard que le club sera détruit à partir du 31 août", lâche-t-il. Et d’expliquer: " Les agents municipaux du complexe Nice Mercantour ont eu une réunion avec la direction des Sports de la Ville il y a une quinzaine de jours pour les informateurs. "

"Pas d’information officielle"

Cette démolition du bâtiment (qui abrite une salle de vélo, une de fitness, un cours de danse, un espace muscu et deux squashs) et des courts de tennis attenants seraient liés au réaménagement de ce secteur stratégique de Nice-Ouest et, notamment, au projet de raccordement de la voie rapide à l'A8. "Derrière, le basket, le petit terrain de foot et le parc de rue pourrait disparaître aussi ", alerte Thierry Pommier. Les terrains ainsi libérés pourraient bénéficier au concessionnaire Peugeot, situé en face du complexe sportif, qui serait, lui aussi, délogé par le chantier urbain, affirme-t-il.

Maïs "nous n'avons aucun courrier. Aucune des deux associations (le Tennis club Nice Giordan et Fête le mur, une structure montée par Yannick Noah pour favoriser l’accès au tennis dans les cités) n’a pas été informée », déplore le prof de tennis. Qui «Espère qu’ils seront reçus rapidement par l’adjoint au maire en charge des sports, Jean-Marc Giaume».

"Inquiet pour les gamins du quartier"

En l’absence de dialogue, Thierry Pommier est inquiet. Pas pour lui. "Pour les gamins du quartier". Un quartier prioritaire, raisonnable. "Le club a cent enfants à l'école de tennis le mercredi. On accueille, chaque année, vingt classes d'élèves du secteur qui viennent découvrir notre sport… On entend parler vaguement d'un projet de relocalisation dans trois ou quatre ans du côté de la piscine Camille-Muffat. C'est loin… " En temps et en distance. "Notre public vient à pied. Si on nous met là-bas, les gosses ne viendront plus et on aura tout perdu!", se désole le sportif.

"La municipalité à l’idée de détruire sans avoir anticipé la solution de remplacement. Dans un monde où le sport est une bouteille d’oxygène pour beaucoup, c’est juste scandaleux. D’autant plus dans un quartier comme les Moulins!", fulmine Stéphane Giovinazzo dont le fils suit les cours de Thierry Pommier.

Interrogée sur ses intentions, la Ville de Nice est évasive: "Nous étudions et analysons le réaménagement de la Plaine du Var en lien avec l’échangeur de la voie Mathis et les activités sportives. Nous communiquerons en temps voulu."

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