Thionville. Diabétiques, handicapés: quand le sport est un besoin vital

«Pour être honnête, avec les charges fixes, je ne gagne rien avec ce semblant de reprise d’activité. »François Carbonara parle là de bénéfice financier, qui s’avère nul dans le cas présent.

En revanche, le propriétaire de New Life Fitness gagne beaucoup sur le plan humain, depuis la réouverture très encadrée de sa salle de sport, le 15 janvier dernier: «Je suis là pour eux, pour les aider. Dans ma vie, j’ai toujours défendu les vertus du sport santé. C’est d’ailleurs l’essence même de cette salle, la remise en forme ».

«Pour mon moral»

«François, je rentre. J’ai quelques vertiges à cause du prix du sang du matin. »Caterina, 68 ans, un coup de pompe. Victime d'un cancer du poumon et sous traitement lourd depuis un an, elle reviendra tout de même demain matin. La retraitée en éprouve le besoin: «Mon médecin sait à quel point cette activité me fait du bien. Surtout pour mon moral. L’isolement lié au Covid et à la maladie, je n’en pouvais plus », témoigne-t-elle avant de quitter les lieux.

«Pour une fois, mon fauteuil m’avantage sur les autres», sourit Geoffrey. Ce solide gaillard de 31 ans expose un torse très musclé: «Beaucoup envient ses pectoraux», flatte François. L’intéressé est comme chez lui dans ce centre de fitness: «J’y viens six fois par semaine. »Par plaisir et par nécessité.

Agénésie transversale isolée du membre supérieur: Geoffrey est né avec cette maladie congénitale rare, qui le prive d'un avant-bras. À ce handicap s’en est greffé un autre, tout aussi lourd: «En 2012, j’ai été victime d’un accident de la circulation. Un cheval, qui était échappé de son enclos, un tapé ma voiture. »Lésion de la moelle épinière, une jeunesse qui s’effondre dans un fauteuil roulant. «Dans mon cas, le sport est presque vital, insiste-t-il. Je souffre de contractures musculaires à cause de la paralysie. L’exercice est donc important. »Il l’est tout autant pour Rémy.

«En rémission»

Rémy, un visage connu à New Life Fitness. Ces dernières années, «grâce à cette salle», ce diabétique de type 1 a réduit de moitié sa dose quotidienne d’insuline: «L’activité physique brûle le sucre. Sans sport, je serais obligé de reprendre des médicaments. Et c’est dur de trouver la motivation à la maison, seul. »

La silhouette athlétique de cet autre adhérent, lancé à un rythme soutenu sur un tapis de course, laisse deviner un sportif accompli. Et pour cause: il s’agit là de David Lorenzi, célèbre boxeur qui exerce ses talents à Terville.

Son passé de sportif de haut niveau ne lui octroie pas un régime de faveur: «En septembre dernier, on m’a diagnostiqué un cancer, lâche le combattant. J’ai débuté dans la foulée la chimio. Aujourd’hui, je suis en rémission. »Un rétablissement express qui s’enracine dans ses aptitudes physiques:« Les médecins ont accéléré le traitement car je pouvais le supporter. Le sport m’a bien aidé à surmonter cette épreuve. »

Le sport santé, si cher à François Carbonara, qui ne s’administre aujourd’hui que sur prescription médicale. Triste époque.

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